vendredi 8 juin 2018

Ici Neuchatel.

On est lundi 4/06/2018

Ce matin, j'ai commencé à 9h45 avec la générale de C. ou je chante dans les choeurs pour son final de récital.
Puis j'ai eu mon examen de piano, et j'ai chanté pour 3 de mes camarades à leur examen d'accompagnement au piano. A 12h30 je suis allée écouter la générale de J.
A 15h j'ai eu ma générale. Je l'ai enregistrée. Mes amis sont venus m'écouter et me faire des critiques à la fin.

Depuis que je suis  Neuchatel, je me suis constituée un groupe d'amis, une tribu, un clan, une famille de substitution. On se voit, on mange ensemble, on s'écoute chanter, on planifie de regarder des films ensemble dans ma petite chambre. On piaille, on rit, on chante et on mange. J'adore ce genre de dynamique. Je me sens vraiment bien dans ce genre de composition sociale.


Il y a trois semaines F et moi on s'est séparés.


On est le 8/06, attention message à caractère émotionnel

Je n'ai pas réussi a finir ce que j'écrivais ou à t'écrire depuis que j'ai reçu ton long message. 
J'ai adoré recevoir ce message de toi, et en même temps je me suis sentie un peu fébrile, émue certainement. 
Tu parles d'hormones, moi je les revis depuis quelques mois, et c'est fou. 

Je commence du début, quand tu es venue à Neuchatel en janvier, depuis il s'est passé beaucoup de choses, et te voir m'a un peu chamboulée.
D'abord, j'ai décidé d'arrêter de prendre la pillule. De ne rien prendre du tout. Ca fait plus d'un an que ça me trotte dans la tête, mais le fait de te voir, que F et moi on subisse un une abstinence forcée par sa maladie à ce moment là, ont fait que ça m'a semblé matériellement être le bon moment.
J'ai donc arrêté la pillule. 
Je suis à peu près régulière, la première semaine de chaque mois depuis février, je vois arriver mes règles. Et j'en parle tout le temps.
Quand je les ai eus pour la première fois, j'étais hyper émue. J'ai appelé F, qui m'a dit que c'était super, et il était sincèrement hyper content pour moi.
Depuis, elles m'accompagnent, et j'en suis vraiment ravie. Je n'ai pas mal plus que de raison, j'ai mal oui, mais ce que je ressens le plus c'est la fatigue. Je suis très très fatiguée. J'ai des règles abondantes, mais avec la cup, ça ne me gêne plus, et j'ai acheté aussi des serviettes hygiéniques lavables, que je commence à utiliser. Mes règles ne durent environ que 4 jours. Ce qui est gérable.
J'ai eu deux épisodes rigolos de mes règles. 
Quand on pleurait tous les jours au téléphone avec F avant de se séparer. Je me sentais si mal, j'avais mes examens en même temps, et je contenais à fond mes émotions. Et mes règles sont arrivées, comme pour laisser échapper les larmes, la douleur. Comme si mon corps prenait la suite, et me donnait l'opportunité de me concentrer sur moi, sur comment je me sentais, prendre du temps intérieur. Ca m'a fait beaucoup de bien.
La seconde fois, c'était hier. J'avais mon dernier examen, mon examen de chant, le plus important. Je passais à 10h40. 20 minutes de passage. En sortant, on attend les délibérations du Jury, et là je me dis "oh, je vais avoir mes règles". Je file aux toilettes, à 12h j'avais mes règles. Comme si mon corps avait retenu le temps de mon examen, m'avait laissée tranquille pour que je chante sans perturbations, puis une fois la tension relachée, hop, largage des flots de sang. J'ai trouvé mon corps merveilleux de raisons et de sensibilité.

J'ai renoué avec mes règles et elles me font du bien. Aussi, elles s'accompagnent toujours ces derniers mois du syndrome pré-menstruel. Depuis février, à chaque mois, quelques jours avant mes règles, j'ai les humeurs comme l'océan: changeantes. Des pics de mélancolie, d'agacement, d'impatience. Je ne me reconnais plus. Ca fait depuis mes 18 ans que je prends la pillule et que mes hormones sont lissées. Dont 2/3 ans avec une pillule continue!

Un jour au cours de théatre, le professeur m'a dit "reste avec nous Léa, ne soit pas spectatrice", chose qu'il est en droit de me dire, qui d'habitude me donne l'impulsion pour me reconnecter avec le groupe. Mais là, il m'a dit ça, et j'ai c'est comme si il m'avait dit que j'étais nulle et insultée. J'ai failli pleurer. Et dans mon for intérieur, y'avait cette petite voix de la conscience pragmatique qui me disait "Mais Léa, ça va pas bien de réagir comme ça? C'est pas la première ni la dernière fois qu'il te dit ça. Pourquoi tu te mets dans des états pareils?" Mais non, la voix du drama parlait beaucoup plus fort.

Moi qui suis d'humeur si constante, tranquille, posée et à l'écoute, je deviens par moments quelqu'un d'autre. Mes amis m'ont dit qu'ils aimeraient beaucoup voir ça. Et je comprends ce qu'ils veulent dire. Genre "toi Léa, des fois tu t'énerves?".
F, m'a dit que c'était peut être bien que je puisse explorer cette part de moi, et je suis d'accord. J'ai l'impression de me connecter avec l'autre Léa, celle de l'ombre, celle qui n'a pas envie de prendre sur elle, celle qui a le droit de se sentir comme une serpillère, d'avoir l'énergie au fond du puit, celle qui n'a pas envie de socialiser, celle qui est sombre. Une fois par moi, je trouve que c'est un bon compromis. Mais c'est déstabilisant, de se sentir démunie, de ne pas avoir les outils pour affronter ces moments de tristesse. J'aime bien cette idée de porte avec l'inconscient, de le laisser s'exprimer de temps en temps, sans filtre. 
Moi je préviens tout le monde. 
A Budapest, j'étais dans cette période. J'ai été assez chiante. J'ai pleuré parce que je me trouvais grosse, parce que je n'aimais pas ce qu'on mangeait et je me sentais incomprise. Parce que je ne me sentais pas très bien dans cette ville. Bref, j'ai beaucoup aimé voyager avec F, mais je n'ai pas un bon ressenti de cette ville.
C'est aussi pour ça que je n'ai pas répondu de suite. J'ai senti que ce que j'écrivais allait devenir mélo, que j'allais me laisser emporter par les flots du moral bas. Alors j'ai préféré mettre de côté en attendant d'avoir une nouvelle énergie. Quand mes règles sont arrivées, j'ai instantanément retrouvé le moral, de façon assez magique. 
Donc je comprends ton questionnement sur les hormones, et à un moindre degré, je partage ton questionnement en ce moment.

Donc je t'ai lue avec attention, j'ai été un peu fébrile le long de la journée. Et je prends aujourd'hui le temps vraiment de t'écrire.


La semaine dernière j'ai posté un message sur fb, d'un article écrit par des féministes véner. J'ai reçu des commentaires de gars qui trouvaient ça trop agressif. J'ai pris le temps de répondre, et ça faisait longtemps que je n'avais pas été en colère. Et que je me disputais avec quelqu'un. C'était vraiment étrange. Et ça m'a fait du bien de ne pas me laisser faire, de ne pas prendre sur moi.

Fin de la parenthèse.

La deuxième chose que je voulais te dire vraiment c'est que depuis janvier je suis passée par bien des choses. En lien avec toi.

Je ne voulais pas t'inquiéter ni que mon angoisse rejaillisse sur toi. Je suis très contente pour toi, et très émue. Je suis contente que tu entames une vie de famille, parce que c'est ce dont tu as envie depuis longtemps et je pense que tu seras une super maman (c'est un peu fou de le dire, mais je le pense). 
C'est juste que quand j'ai appris que tu étais enceinte, j'ai été envahie par l'angoisse. 
J'ai passé trois semaines à penser à toi, à rêver de toi, à ressasser des questions liées à ta grossesse, à des questions de statut de la femme, et à mon désir ou non désir d'enfants.
Je te rassure, ce moment est passé. Mais ça a duré un moment et c'était assez compliqué. Et je n'ai pas envie que tu te sentes rejetée.
Et j'ai envie de te raconter, parce que j'ai l'impression de te devoir des explications.

 Je sais qu'on était peu d'accord sur notre désir d'enfants, et que vraiment je ne comprenais pas, quand je suis venue il y a presque deux ans. Ca me semblait ahurissant en fait. 
Puis j'ai réfléchi et je me suis dit que ton désir de fonder une famille n'avait pas être jugé sur mes a priori. Et que tu avais toute légitimité, et qui j'étais pour être dans le jugement? Donc, je ne comprenais pas (dans le sens ou moi j'avais vraiment pas envie d'enfant), mais j'acceptais tes envies et ton choix et j'essayais de m'en réjouir. Je comprenais intellectuellement.

Le temps à passé. Et quand tu m'as appris que tu étais enceinte, j'étais ravie. Et flippée.
D'abord parce que tu es mon amie et que je m'inquiète pour toi, sur comment la grosses allait se passer, si tu allais trouver un médecin qui te convienne, si Fr. allait prendre ses responsabilités pendant la grossesse. Mais j'ai aussi vu plus loin, genre la part de charge mentale liée à la famille, aux taches domestiques. J'ai eu peur que tu perdes ton indépendance, tes activités, tes projets. (et bien sur, maintenant que je considère qu'avoir un bébé est un projet)

J'ai eu peur des médecins, qu'on te traite mal, qu'on t'infantilise, qu'on aille à l'encontre de tes envies et de tes choix. 
J'ai eu peur des gens, et j'étais déjà en colère qu'on te dise ce que tu doives faire. Qu'on te dise "ne porte pas ces trucs c'est trop lourd" ou "tu devrais pas manger ça, c'est pas bon" ou "tu devrais faire ceci" et que tout le monde ait un avis sur ta grossesse. Parce que tout le monde à un avis sur comment devraient se comporter les femmes enceintes. J'avais peur que tu endures ce genre de remarques, que tu ne sois plus qu'un contenant, et qu'on oublie de respecter tes choix en tant que femme adulte. Qu'on t'infantilise. Qu'on te dise que c'est à cause des hormones. J'avais peur de moi même et de t'imposer mes visions féministes. 
J'ai eu peur que tu te sentes seule, éloignée ta famille pour t'accompagner dans ta grossesse. J'ai eu peur que tu aies peu de relai, ou d'espaces pour partager ta grossesse, puis tes premiers mois de maman. Je me suis mordue les doigts de me dire que je pourrai pas venir à Montréal pour t'aider, t'accompagner, te faire des petits plats tout doux, et prendre le soleil avec toi. 

Et par dessus tout je ne voulais pas te parler de mes peurs. Mais j'ai eu des angoisses, j'en ai beaucoup parlé autour de moi et ça m'a fait du bien.

Mais je ne doute jamais de toi. De ton choix, et j'ai envie de t'accompagner dans ta grosses, dans ta maternité, dans la vie. Parce que je t'aime, que tu es mon amie, et que je suis complètement folle de ce bébé à venir (meuf, j'ai pleuré devant l'échographie, et j'avais même pas l'excuse du SPM).

(si tu es dans un mood de doute, que tu n'as pas envie de parler de ta grossesse aujourd'hui, de l'accouchement, je te déconseille de lire la suite, même si ça parle de moi plutôt)

J'ai aussi réfléchi et pris du temps pour comprendre ce que ça réveillait en moi aussi. Il y a eu une identification très forte. Tu es ma meilleure amie, on se connait depuis notre adolescence, on a grandi et vécu des moments clefs en parallèle. Donc oui, il y a une identification forte: comment JE me ressens par rapport à cet évènement de TA vie. Qui me renvoie à des problématiques personnelles de famille.

J'ai réussi à en discuter avec Leï et ça m'a fait du bien parce qu'elle passait par un questionnement de ce type, notamment à cause de l'envie de parentalité d'une amoureuse de son amoureux. Et que Leï a une endométriose, qui peut potentiellement l'empêcher d'avoir des enfants.
J'ai mis en mots mes angoisses personnelles. Je disais jusque là que je ne voulais pas d'enfants. Je ne crois pas que ce soit complètement vrai.
J'ai envie d'avoir une famille, et j'aime les enfants. Je n'ai pas de peur particulière sur le fait de porter un bébé, de la métamorphose du corps. Je n'ai pas un sentiment de besoin, ou de consécration dans la maternité, mais j'aimerai fonder une famille.
Mais j'ai deux peurs. Je refuse de faire un enfant seule. Parce que j'ai été élevée par ma mère seule, et que je sais que c'est dur. Je veux bien partager la parentalité avec quelqu'un qui a déjà un enfant, je veux bien être plusieurs parents, etre co-parent avec quelqu'un qui ne serait pas mon amoureux/mon amoureuse. Mais je ne veux pas imaginer d'avoir un enfant seule. D'etre seule à porter la charge mentale du foyer, d'être responsable, d'avoir un conjoint fuyant, qui privilégie son travail, qui me laisse porter la charge d'être mère et d'être toute puissante. Ca me fait absolument flipper. 
Deuxième peur, celle du monde médical. Intrinsèque à ma condition de femme et de féministe. Je refuse de subir des violences médicales. D'etre devant un médecin-dieu. Peur d'être maltraitée en tant que femme. Que ce soit la maltraitance passive, dans le peu de considération, dans le non respect des choix de suivi, d'un manque de moyen, ou active en passant par des méthodes d'accouchement violentes... 
 Alors j'ai projeté aussi sur toi ces angoisses là, et je me suis tenue un peu à l'écart pour ne pas que ça te traverse.

 D'ailleurs, quand F et moi on s'est quittés, on s'est fait de belles déclarations d'amour. Je ne peux pas dire que lorsqu'il m'a dit "j'aurai voulu que tu sois la mère des mes enfants" ça m'a pas fendu le coeur. D'ailleurs rien que de l'écrire ça me met les larmes aux yeux. Et que lui aussi il aurait bien voulu être un hypocampe pour moi.
Mais ça sera pour une autre page, j'ai beaucoup écrit, j'ai dit beaucoup sur moi et c'est un exercice qui me demande beaucoup d'énergie.


Ce que je voulais te dire c'est que, oui, absolument. Je suis avec toi. J'ai envie d'être avec toi. Et que j'adore recevoir tes petits messages what's app, je fonds littéralement, que ça ne me dérange pas le moins du monde que tu me parles de ce bébé qui t'habite, de tes hormones, de tes peurs et de tes envies. Que quand vous viendrez en France, je serai une nounou extraordinaire. Que je pense à toi souvent.

Je t'aime



dimanche 3 juin 2018

Des petites nouvelles pèle mêle


Dimanche 20 mai 2018

Des petites nouvelles pèle mêle

Il est dimanche et je suis à Articho, la boutique métiers d'art de mon amie Sabrina. Je ne sais plus si je t'y avais amenée, j'y passe assez souvent vu que c'est à coté de chez moi. Aujourd'hui c'est différent, j'y travaille. C'est ma 3eme journée de taf ici, c'est tranquille. J'ai le temps de tricoter de lire de dessiner si j'arrive à m'y mettre et aussi de faire un peu de traduction. Un ami peintre à un collectionneur qui a acheté une vieille église a la frontière des états unis et est en train de la reconvertir en musée. Fredy (l'ami peintre) nous a mis en contact pour que je lui traduise son site. J'ai l'impression que la communication se fait pas très bien, le mec répond pas a mes questions et me dit ce qu'il a envie de me dire, et comme je débute dans le monde du travail en traduction je ne sais pas encore trop comment gérer les facturations et tout ce bordel la. Fredy m'a dit qu'il n'avait pas trop de moyens, quoiqu'il achète toutes les toiles de Fredy quasi sans exception.
*interruption clientèle parce que oui je travaille* == bredouille

Sabrina a racheté la boutique articho il y a 2-3ans...? Et d'habitude elles sont 2 a se partager le temps ici. Sabrina et Amandine, 2 des filles avec qui j'ai j'étais à l'école de céramique d'ou le fait que je passe souvent faire un petit coucou. Elles ont aménagé l'arrière boutique en atelier aussi pour pouvoir être la et produire en même temps. Amandine, française, mère de Camille et compagne de Fredy, est en France en ce moment avec son fils pour des vacances, Sab se retrouve a faire tous les jours d'ouverture de la boutique. On est toutes céramiste ce qui veut dire quo fait toute 1001 pots! Et si Sab travaille à la boutique tous les jours, elle peut pas produire sans être interrompue tout le temps par les clients qui entrent dans la boutique. C'est la que j'interviens. Peut être si tout se passe bien que je ferai aussi des heures après le retour d'amandine, le père de Sab va pas très bien, et il habite au lac st Jean (6h de route) et les week ends sont courts.

Je suis assise dans un fauteuil assez confortable dans la boutique, François vient de passer m'amener des gâteaux, j'avais un p'tit creux, notre brunch remonte a quelques heures déjà. Il a fallu qu'on y aille tôt parce que je commençais à travailler à midi. J'en ai profite pour lui montrer les 2-3 choses que j'ai repéré concernant notre futur bébé comme un petit bonnet naissance et des petits chaussons taille mini.
C'est rigolo, il y a une quantité de français qui entrent dans ce magasin, des touristes qui explorent le quartier après être allé au Marche Jean Talon, ou qui habitent le quartier. D'après Nicolas (un gars qui a un atelier de céramique dans le même bâtiment que notre atelier, autodidacte et donc la copine s'appelle.. Léa!!!!ca m'a bien fait rire) les gens migrent dans Villeray pour se reproduire. Le quartier s'est pas mal gentrifie et c'est en effet un quartier familial avec pas mal jeunes enfants. Il doit y avoir au moins 3 garderies (équivalent crèche) cote à cote sur la rue De Castelnau.
On a du s'inscrire a certaines garderies déjà, la liste d'attente est de 2 ans et le site est fait pour les enfants à naitre en plus de ceux déjà nés.

Ca me fait du bien de finalement me poser pour t'écrire, je te parle souvent dans ma tête et je me rends compte que j'ai plein de choses à te raconter. Je me laisse souvent accaparer par les petites choses de la vie et je ne me laisse pas le temps de te lâcher un petit message, une petite photo. J'avoue que je redoute ton silence un peu, d'être trop exhaustive et que tu me trouve soûlante avec mes possibles messages. L'autre chose aussi c'est que ma vie est assez tournée bébé en ce moment même si ca me plait pas trop. J'espérai être assez indépendante par rapport à ca mais je crois que les hormones en décident autrement. Je ne sais pas ou est la limite chez les gens, a quel moment ils vont en avoir marre que je leur parle bébé et ca vaut aussi pour toi. Ton point de vue sur les enfants est flou pour moi, Jai l'impression qu'il a change, évolue et je ne sais plus ou te place. Mais j'ai vraiment envie de t'en parler. Pas juste pour parler mais pour échanger, idéologies, techniques d'éducation, points de vue, ton avis est l'un des plus importants pour moi.

Je vais maintenant te parler d'hormones. Tous les matins je regarde en replay une émission française qui s'appelle “La Maison des Maternelles” qui passe sur France 5 le matin. Peut être que tu connais, ils abordent plein de thèmes lies a la maternité et l'éducation et tout et tout. Il y avait un matin un spécialiste invite pour parler du thème “les hormones”. Il avait une théorie sur pourquoi certaines femmes ont des comportements un peu irrationnel pendant leur grossesse. Par exemple, une femme a mis sont gars a la porte parce qu'il avait souhaite l'anniversaire d'une de ses amies en avance. Des événements parfois bénins prennent une importance démesurée. Selon lui (je ne me souviens plus si c'est sa théorie ou si c'est généralisé dans la médecine) le conscient humain a une sorte trappe pour les émotions. C'est une porte bien fermée en temps normal qui fait le tri entre nos émotions. Pendant la grossesse, les hormones (rhalala ces hormones ils ont bon dos mais qu'est ce qu'ils font chier aussi) rendent flou cette trappe, et laissent passer des émotions qui en temps normal ne seraient pas présentes. Ce serait pourquoi beaucoup de femmes pleurent plus ou ont une hypersensibilité face à des trucs qui les laisseraient indifférentes en temps normal. J'ai trouve ca cool d'avoir un peu une explication

Tout ca pour dire que ma trappe est peut être pas bien fermée et ce qui en temps normal ne me dérangerai pas du tout prend des proportions démesurés. Si jamais tu en croise dans ce texte c'est pour ca :)

Ce qui m'amène maintenant à te parler de notre rencontre a Yverdon les bains. Premièrement, j'étais épuisée donc je m'excuse de mon possible manque d'enthousiasme mais il était la et j'ai fait une heure x2 de train pour te voir 2h. C'était aussi ma première rencontre avec les hormones. Dans la préparation de ce petit voyage je me suis sentie submergée par les émotions, panique, culpabilité, un peu de frustration et de colère aussi. Un peu trop de tout ca qui m'a fait craquer à un moment donne et fondre en larmes.
Le plan était de passer une journée avec William et Lysanne, le meilleur et plus vieux pote de François et sa copine. Il voulait nous faire faire un tour de Genève mais je ne pense pas qu'il comptait y rester aussi longtemps. Je me suis sentie coupable un peu de lui changer ses plans clairement réfléchis.
Le point de panique était la communication. Je n'aime décidément pas être dépendante, et que ce soit pour n'importe quoi. Mon téléphone ne marchait pas en suisse.


Mardi 22 mai 2018

Ma journée s'est finie avant que j'aie pu finir mon histoire, mais la tout de suite, j'ai pas trop envie de continuer. Je suis de nouveau à Articho, de 11h a 18h, il est juste 14h donc j'ai encore du temps à tuer et il pleut, donc il n'y a pas foule.
Je me suis retrouvée dans une situation assez comique tout a l'heure: j'étais en train de faire le devis pour la traduction a la boutique, j'amène juste ma tablette et le clavier Bluetooth, c'est beaucoup plus pratique et moins lourd que mon ordi, mais je n'ai pas les accents sur ce clavier parce qu'il est américain. Je ne sais d'ailleurs pas si tu t'en apercevras, je vais probablement corriger ca avant de poster, ou pas selon mon état de flemme. Pour faire un devis, pour que ce soit un minimum pro je me dis que quand même il lfait écrire correctement. J'en étais donc à fouiller dans mes cours de fac que j'ai encore dans la tablette (faudrait que j'y fasse un ménage d'ailleurs) et faire des copier coller des mots avec accents et cédilles. Sabrina dans sa gentillesse a eu pitié de moi et m'a envoyé un mail avec tout les accents et tout. J'ai donc pu faire mon devis. J'ai d'ailleurs laissé le choix au mec de faire ma facture selon le nombre de mots, ou selon le nombre de pages. Il doit y avoir à peu près 100$ d'écart mais c'est plus facile à compter pour moi et s'il dépasse et écrit un quart ou une demi-page de plus c'est aussi facturé comme une page complète.
Bon, après avoir bidouillé avec les réglages j'ai trouvé les accents, yeah! J'ai moins l'impression d'être une illettrée. Ça marche une fois sur deux mais c'est mieux.

De quoi ai-je envie de parler aujourd'hui...

De couches lavables.

On doit en avoir autours de 30 en ce moment. Pour moi c'était une évidence, mais c'est vrai que ce n'est pas donné. Il faut compter autours de 20$ la couche lavable fait au Québec. (Bah oui quitte à rentrer dans le délire écologique, autant y aller jusqu'au bout et ne pas les faire venir de Chine). Et donc on a commencé à regarder le marché de l'occasion. On avait fait un tour au salon de la maternité et de la paternité ou un bon tiers des exposants vendaient des couches lavables du coup on savait comment ça fonctionne, combien de type de couches il y a et surtout de combien de couches on a besoin. Verdict: 25-30 c'est un bon début. Toto n'étant pas un acheteur impulsif on est reparti sans couches du salon mais quand même avec un coussin d'allaitement (ô que je suis heureuse de l'avoir ce coussin, c'est le meilleur ami de mon sommeil) et un bolas (la clochette que tu as vu).
Et donc on s'est tourné vers le marché de l'occasion, au début par curiosité mais on s'est vite rendu compte que ça vaut le coup. Déjà parce que c'est clairement moins cher, mais aussi parce que les couches vendues appartiennent souvent à des parents qui se sont rendu compte que telle ou telle marque ne fonctionne pas pour leur bébés (héhé oui comme je disais plus haut, il y a des types de couches qui sont bien pour certains bébés mais pas pour d'autres et le seul moyen de savoir c'est de les essayer) et qui du coup ne les ont pas utilisé ou très peu. Des couches quasi neuves pour deux fois moins cher voire plus. L'autre facette qui pourrait poser problème c'est bien évidement l'hygiène. « Tu mettrais toi une culotte que quelqu'un d'autre a déjà porté?? » D'abord je ne fais pas dans ma culotte, et après si elle était quasi neuve ou si je n'avais pas d'autre choix et bien oui. J'ai vérifié toutes les couches que j'ai acheté et il y en a juste une qui est un peu jaune et évidement celle là je m'en servirais en dernier voire pas du tout si j'arrive à bien gérer mon cycle de lessives. Toutes les couches viennent avec des inserts qui sont indépendant de la couche dans certains cas ou cousu avec dans d'autres. Il est quand même possible d'ajouter un insert dans n'importe quelle couche, et des inserts neufs, eh bien ça se trouve aussi d'occasion. J'ai trouvé une maman qui en avait acheté trop et revendais son surplus. Conclusion on avait nos 20 couches en juste une semaine, de plusieurs marques différentes et de plusieurs personnes différentes.
Est ce que je t'avais dit que quand on est rentré là en mai, on avait prévu un sac de rando dans notre valise pour ramener ce que les grand-mères nous avaient retrouvé (des trucs que nous on a mis petit) et qu'on est reparti avec ce sac plein? Ouais bein dans ce sac il y avait aussi une dizaine de couches lavables neuves, cadeau de la maman de Toto, trouvé sur internet, provenance inconnue. Je pense que c'est inconcevable pour elle qu'on ai des couches d'occasion. Lors d'un skype, où je n'étais pas là mais je ne suis pas sure que ça aurait changé grand chose, elle a demandé à Toto si on avait jeté les couches d'occasion... « Mais oui mais oui » (le Toto évasif qui ne veut pas répondre à sa mère) En y repensant bien, il me semble que je t'ai déjà raconté ça. Désolée, faut croire que ça marque, ou moi en tout cas.

J'ai envie de dessiner mais je ne sais pas quoi, j'ai perdu mon coup de crayon. Je suis allée chercher les dernières listes Inktober pour me donner de l'inspiration, faut passer le cap maintenant. J'ai envie de trouver des idées de dessins cool que je pourrai ensuite reproduire sur la céramique et créer une collection « dessin ». Maintenant je n'arrive pas à me décider sur est ce que je mets un thème et si oui quoi? Est ce que je veux m'en servir à des fins idéologiques, genre faire des dessins sur l'écologie, l'individualité...? Qu'est ce que les gens ont envie de voir dans le fond de leurs assiettes.
D'ailleurs j'ai pensé à toi, je suis une fille sur instagram qui fait de l'aquarelleet c'est assez chouette ce qu'elle fait. Très très coloré.

Au fait, j'attends toujours après ton enregistrement de chant pour bébé. Bébé qui n'a toujours pas de nom d'ailleurs, j'ai aucune idée, va falloir remédier à ça...


Vendredi 25 mai Ode à la grossesse,  ou pas...

Cette fois ci je ne travaille que l'aprèm à Articho. Un petit 15h-20h. Ce matin je t'ai envoyé une petite vidéo de mon bid qui bouge. Je suis assez contente d'avoir pu filmer, d'habitude le temps que je sorte mon téléphone c'est déjà fini.
Alors quel sujet aujourd'hui....  les changements physiques.
Et oui il n'y a pas juste le bid qui pousse. On va commencer par la tête et on descend.
D'abord les cheveux: j'ai pas mal entendu dire que les femmes enceintes elles ont de beaux cheveux et de beaux ongles, et bien pas moi. Mes cheveux sont beaucoup plus secs et indisciplinés, et mon crâne s'émiette, ce qui ne m'ai jamais trop arrivé. Il en tombe moins aussi, gare à la fameuse chute de cheveux après la naissance. Ensuite le visage. Niveau peau, c'est le festival des boutons, je retombe en adolescence avec au moins un nouveau schtar par jour. Je pense que j;ai bouffi du visage un peu ces derniers temps (maintenant belle maman a raison de me dire que j'ai pris du visage), je ne vais pas être comme ces mamans top modèles qui poussent juste du ventre qui est d,ailleurs tout beau tout rond. Moi je grossis de partout. Même mes muqueuses du nez, et ça c'est l'un des trucs le plus chiant. J'ai le nez super sec et toujours bouché, qui saigne et surtout qui fait un mal de chien, c'est fatiguant. Ça m'empêche de bien dormir, c'est comme avoir une sinusite en permanence, avec maux de tête, et le seul truc à faire c'est le spray nasal au sel de mer.
J'ai du aller chez le dentiste aussi parce que j'ai fait une petite infection de la gencive, due à la grossesse aussi. Elles saignent plus facilement aussi, les gencives.
Aïe, tout ça juste pour la tête.
J'ai maintenant de vergetures sur les seins, qui ont du prendre un voire 2 bonnet, je ne rentre plus dans aucuns de mes soutifs. L'auréole est plus sombre et je crois que j'ai commencé à produire du lait, mais toujours hyper sensible. Mes mains enflent un peu, je ne sais pas si c'est la chaleur ou une mauvaise circulation sanguine. Il y a des moments où je ne peux plus enlever ma bague qui est relativement lâche en temps normal.
J'ai globalement plus de poil aussi, aisselles, pubis, la fameuse ligne entre le nombril et le pubis aui se fait plus présente mais ça c'est aussi de la pigmentation. Il faut faire attention au soleil parce qu'on bronze plus vite et on peut avoir des tâches, surtout sur le visage, qui ne partent ensuite pas tout le temps. Ça s'appelle le masque de grossesse. Je vois maintenant l'intérieur de mon nombril, (ça j'avoue ça me fait délirer :). Mes hanches se sont élargies, mon ventre pousse sur les cotés plutôt que juste devant, on pourrait donc croire que j'ai une bonne brioche et vu que je grossis de partout je reste coincée dans la zone « elle est enceinte ou juste grosse? ». Plusieurs personnes pensent d'ailleurs que je vais avoir une fille par la forme de mon ventre, plus large au lieu de pousser droit devant ce qui indiquerait un garçon. Ça m'horripile quand les gens font ça, fais un choix quoi de toutes façon t'as 50% de chances d'avoir raison mais commente pas mon corps, j'ai déjà beaucoup de mal à accepter qu'il change autant alors n'en rajoutes pas. (Oups petite crise d'hormones là)
Ma vessie est plus compressée, il suffit que le bébé change de position pour que ce soit pire. J'ai parfois l'impression qu'il est assis dessus. J'ai d'ailleurs découvert le pipi frustration, super envie de pipi mais juste 3 gouttes sortent. Pubis plus poilu et vagin sec sec sec. C'est les muqueuses de merde. Donc pas le choix: lub. On est arrivé à un stade ou certaines positions ne sont plus possibles à cause de la taille de mon ventre qui n'est vraiment plus malléable. Ça fait mal quand on appuie dessus. J'ai parfois les jambes lourdes mais sinon ça va, j'ai pas l'impression que ça enfle trop. Ah si, j'ai beaucoup plus facilement les fourmis.
Ensuite globalement je suis plus lourde et moins rapide, distraite et émotionnelle, fatiguée et moins motivée avec des chutes d'hormones qui ressemblent à des moments de déprime. J'ai du mal à accepter que mon corps change et surtout je sais que je vais être de ces femmes qui ressemblent à un sac pendant loooongtemps après la grossesse et qui ne retrouvent jamais vraiment la ligne. Et c'est là que je me rends compte qu'en fait je suis un peu esclave de mon image.
Evidement j'ai aussi pas mal d'angoisses, je vais être responsable de ce petit être vivant, faire en sorte qu'il soit heureux et quelqu'un de bien, de lui donner tout l'amour qu'on peut. Cette petite chose qu'on ne connaît pas encore mais qui va être le centre de notre monde bientôt.
 Beaucoup de monde dans mon entourage m'a dit tu vas voir c'est génial, surtout le 2eme trimestre, la grossesse c'est magique. Soit je ne sais pas apprécier soit je ne suis pas sure d'aimer cet état. Si je pouvais sauter cette étape ou déléguer....
Elise, la copine de Vincent notre colloc veux mettre au point le concept  des hippocampes pour les humain et j'avoue si ca pouvait se faire se serait cool. Je déléguerai avec plaisir à Toto la charge de la grossesse.


“Eïe la française, arrête de chialer un peu” Oui il y a des bon cotés aussi mais je m'arête la pour le moment, ma tablette a 5% de batterie et moi ma tete va exploser.

lundi 25 juillet 2016

Ode to a bouncer


Parce que je suis en train d'écouter cette chanson et que j'aime toujours bien, autant pour les dessins que pour la musique.


https://www.youtube.com/watch?v=Lo-EmtXbFRg&index=60&list=PLEw2NH6pR61XYvT32sLtXNmKg-m44H_lL

mercredi 1 juin 2016

Ah mes amis, à mes amours.

Après nos diverses petits réflexions sur l'amour, en ce moment j'écoute beaucoup de musique. Alors j'avais envie d'en poser quelques unes par ici.


Un petit mot pendant une expo au quai Branly avec mon frère, sur l'humain du futur.



Zoufris Maracas, c'est un groupe que Médoc m'a fait découvrir. Je trouvais ça très drôle que ce soit lui qui me fasse découvrir ces chansons, car quelques unes dans le tas de l'album me parlaient particulièrement, notamment celle-ci, pis étaient tellement circonstancielle!  Bon Zoufris, ils font d'autres choses un peu engagées, des chansons rigolotes aussi. Mais aussi quelques chansons d'amours désabusées. 
Donc, Bras Ballants, et Et ta mère. Qui me parlent un peu de moi, de cette petite fenêtre sur l'amour différent.



EDIT du 16 juillet 2016:

Je fais un rapide résumé du catalogue. Ils sont huit à l'index.
Il y a eu tout d'abord celui qui m'a "roulé" dessus, pour reprendre une expression de Solange Te Parle, puis celui que je faisais entrer à minuit en douce de ma mère, et qui m'a appris que la performance de la durée n'a pas beaucoup d'intérêt en soi, et qu'on pouvait avoir envie de ne pas confondre amour et sexualité, puis il y a celui où l'émulation intellectuelle était excitante en soi, c'est avec lui que j'ai appris sexualité et sentiments, puis il y a eu celui avec qui j'ai pris vraiment du plaisir, au delà du plaisir, avec qui j'ai partagé amour et sexualité, couple et avenir, soutien dans l'adversité, tendresse, facilité de corps et tensions, une maison connue et chaleureuse, une stabilité émotionnelle, puis il y a eu celui avec qui j'ai compris que je pouvais être téméraire, le premier où j'ai apprécié la diversité des corps, la désacralisation du sexe à deux, qu'être nue sous la lumière, telle que je suis avec quelqu'un dont je partage la confiance, est simple, le premier avec qui j'ai compris aussi que le corps et le plaisir féminin reste méconnu, et que parler de sexe est très important, pour savoir qu'on n'est pas seul.e et qu'il existe plein de manière d'exister à deux, et à deux corps pour se parler. Il y a eu celui, où je me suis découverte un peu sauvage, rebelle, aimante, fuyante, où j'ai découvert mes limites relationnelles et mes peurs, mes besoins en tant que personne, et qu'on pouvait être amis et amants. Il y a eu celui avec qui j'ai compris qu'une attirance et une étincelle ne suffisent parfois pas, et que parfois le feu ne prend pas, ça fait un flop, une déception, mais qui reste une expérience, sans dénaturer la personne, mais laissant peu d'espace à une suite. Il y a celui avec qui je me dis "pourquoi pas?", avec qui je parle, je ris, qui arrive dans cette période exaltante de solitude, et avec qui j'ai envie de voir: prendra, prendra pas? Ce moment où j'ai envie de laisser la vie venir à moi, d'être ce que je peux être, sans enjeux, sans attentes, me redécouvrir, me faire découvrir. Bon, j'ai tout de même consciente d'être dans une phase egocentrée, où je me sens valorisée par la rencontre avec d'autres. Et qu'est ce que j'aime découvrir les autres, me confronter à d'autres façons d'être, d'idées, de corporalité.


Autoportrait #1


Un petit exercice proposé par une connaissance sur facebook, qui a tellement bien marché, que je me suis lancée aussi, à force de lire ceux des autres. C'est un chouette exercice. Donc comme je veux le garder un peu, je le mets ici. Tu veux tenter l'exercice?



Consigne pour celleux qui voudraient tenter l'exercice : l'autoportrait est une suite de phrases courtes qui nous définissent à l'instant de l'écriture. Elles ne sont pas à agencer par ordre de priorité (ou un quelconque autre ordre, d'ailleurs). Elles ne sont pas à considérer comme immuables. Elles peuvent même se contredire.

Je ne peux plus croquer dans une pomme ou une carotte et suis obligée de faire cuire la majorité des fruits pour profiter de leur goût a cause de mon allergie. J'ai un peu le ventre qui palpite et je me repasse en boucle la question de mon programme de concours cet après-midi. Schubert ou Poulenc? J'ai de beaux amis. Un jour, je me suis rendue compte que je n'avais plus d'amis, ou une exilée au Canada, puis j'ai bataillé. Je vais partir en voyage au Canada et j'ai très hâte, c'est le grand voyage que j'attends et que je vois les autres vivre. J'ai abandonné mon master, et je me sens un peu nulle. J'ai choisi le chant, et ça me fait me sentir bien, puissante et belle. Voila, c'est le premier pas vers ce que je disais pour faire chier mes profs sur la question de l'orientation, parce que je trouvais ça con de décider à 16 piges ce que "devrait" être toute ta vie, "Je veux devenir chanteuse d'opéra". J'ai toujours été très active et dispersée dans mes activités. Je ne sais pas faire autrement que d'être multiple, j'aime avoir des passions et les faire vivre, et ne pas me restreindre à une case. Bon, plutôt Schubert, sinon ça fait deux allemands pour le 2d tour.
Je ne me mets jamais en colère, sauf quand il s'agit de politique, au sens très large. La marche du monde me fait pleurer et me fait connaître mes premières angoisses. Je suis profondément positive et j'aime vivre, et je culpabilise de vivre aux détriments d'autres. Certaines actions militantes, pacifiques ou musicales me remplissent d'une joie indicible et me tirent des larmes.
Je relis trois ou quatre fois les livres que j'ai adoré, je les relis parfois même à peine le livre refermé. J'adore la littérature jeunesse, et j'aimerais en écrire. Et finir ce roman de déjà 63 000 mots qui m'attend depuis 2ans. Je suis presque née féministe, même si je l'ai construit au fur et à mesure, c'est de famille, et c'était naturel. Je suis gentille, et un peu sauvage, je suis difficile à apprivoiser en profondeur et j'ai cru longtemps que j'étais un coeur de pierre, malgré mon empathie. Je pense plutôt que j'ai une belle coquille d'affabilité. Je suis docile et révoltée, et j'ai accepté qu'on ne pouvait pas aimer tout le monde, et j'assume de ne pas avoir envie de dialoguer avec les gens que je trouve cons. Poulenc est un choix plus judicieux pour un premier tour.
Jusqu'à l'adolescence, je ne pouvais pas m'endormir sur le ventre, car je sentais mon coeur battre, et ma grande angoisse était de l'entendre s'arrêter. Le scénario récurrent de mes rêves est la course poursuite, mais avant hier j'ai rêvé qu'on me coupait les ongles des pieds. Ma famille est très importante pour moi. J'aimerais pouvoir inviter une fille a danser! Comment vais-je m'habiller ?

Autoportrait du vendredi 27 mai 2016