"Le pire c'est que j'allais te proposer qu'on fasse une pause pour te donner du temps de te préoccuper de t oi et moi de ne pas avoir trop d'attentes.
Je vais me désinscrire de Just a little lovin, tu peux y aller. Je paierai ma cotisation à l'asso si tu me donnes le rib mais je ne veux plus en faire partie pour le moment et je ne veux plus recevoir de mails de l'asso. Je viendrai soutenir les copains. Je te souhaite de trouver ce que tu cherches et d'être heureux. Meme si je comprends, je t'en veux. Je t'aimais encore et pas par énergie du désespoir, et j'étais prête a t'aimer malgré tout ça. De toute façon, il n' ya pas de bonne façon de dire que c'est fini. Meme si c'est mieux de ne pas le faire dire par l'autre. Je ne veux plus te voir pour le moment. C'est mon dernier sms."
"Je comprends. Je suis désolé de ne pas avoir pu te dire moi-même que c'était fini. Prends soin de toi."
Je le déteste pour cette réponse. Il n'a jamais pu me le dire. Il m'a laissé prendre la décision. Il a tout fait pour que ce soit moi qui prenne cette décision, qui me déchire le coeur et qui lui le soulage. C'est moi qui ai fait le choix pour lui, parce que je n'en peux plus de le voir se prendre la tête pour tout, et de ne pas avoir d'espoir. D'avoir déjà renoncé, de s'être résigné à la fatalité. Parce que c'est trop douloureux tous les jours de se battre pour quelqu'un qui ne se bat plus.
Et je lui ai dit, j'étais tellement en colère! Il n'est même pas capable de me dire qu'il veut qu'on arrête, qu'on ne soit plus ensemble, que ce soit fini. C'est moi qui suis obligée de le dire pour lui. De lui extorquer ses mots là. De lui dire "alors en fait tu veux qu'on arrête. C'est ça que tu veux, que tu ne dis pas."
Je le trouve horriblement lâche et après tout ce temps passé ensemble, je trouve que je mérite mieux et de façon plus sincère un acte de courage aussi grand que celui là. C'est lui qui me blesse et c'est moi qui lui tend l'arme pour nous achever. Je lui en veux tellement.
Il m'a dit en pleurant qu'il était tombé amoureux d'une autre et qu'il n'arrivait pas à choisir entre nous deux, et qu'il culpabilisait. Je suis tellement blessée qu'il ne m'ait pas choisie. Ou pas entièrement. Qu'il ne soit pas convaincu que c'était un bon choix. Que 5 ans ensemble, ce n'est rien dans la balance, que s'aimer n'est rien. Qu'il est prêt en fait à tout risquer pour recommencer autre chose. C'est horriblement dur a comprendre.
Moi je lui offrais mon amour et je regardais vers l'avant. Et lui était dans la culpabilité et le regret.
Et dans cette culpabilité, il a essayé de me la faire porter.
Il me parlait de jeux, de mon égoisme, de notre univers commun du jeu qui n'était plus à nous. Tout un enrobage pour me mettre en colère. Tout un enrobage pour me faire comprendre que c'était moi la fautive. C'est moi la responsable de tout ça. C'est moi qui le rend malheureux. Mais il en a profité de cette occasion, de cette situation, il a pas refusé. Je ne l'ai jamais obligé a tomber amoureux de quelqu'un d'autre. J'acceptais même qu'il puisse être tombé amoureux d'une autre, et je lui offrais quand même mon amour, mon temps, mes espoirs.
On devait se donner la priorité l'un à l'autre. Je me sens tellement trahie.
Et en meme temps, c'est le risque de la vie. Tomber amoureux de quelqu'un d'autre. Ca arrive. Ce n'est pas sa faute.
Et d'un autre côté, il a décidé aussi que c'était important. Meme en étant tombé amoureux de M. en septembre déjà, alors qu'il ne s'était quasiement rien passé, et qu'elle l'a hanté pendant des mois.
Nicolas avait envie d'autre chose, et j'ai du mal à l'accepter. Il avait déjà jeté l'éponge et cherchait quelqu'un d'autre.
Je lui ai apporté ce que je pouvais pendant des 5 années. Et maintenant il veut s'envoler. Je trouve ça injuste. Et en meme temps, l'amour ça se commande pas.
Mais on s'aimait. Enfin je crois. Je crois qu'il m'aimait. Mais peut être que c'est du confort. Je ne sais plus. De l'affection de confort? De l'habitude?
Un copain m'a dit "il va avoir 30 ans? C'est le printemps, les hormones tout ça".
L'Ours m'a dit hier, quand il s'expliquait, qu'il avait peut être envie de vivre d'autres choses. Je ne peux rien répondre à ça. C'est douloureux. Comme si on avait fini de se connaitre, comme si on avait fait le tour.
Putain ça fait un an que j'attends qu'il prenne un appart pour qu'on ait de l'intimité, qu'on puisse vivre d'autres choses, qu'on ait du temps juste tous les deux et qu'on donne de nouveaux souffle à notre couple. J'ai laissé ce temps là, je ne voulais pas juger. Et moi je travaille trois fois par semaine pour devenir plus indépendante depuis un an.
Je voulais même vivre avec lui. Mais il avait peur. Il voulait son indépendance d'abord. Je comprends. Mais finalement, on a rien essayé jusqu'au bout.
Je perds un ami si cher, qui me connait si bien, qui connait tout de moi, ma famille, mes relations avec elle, mon manque d'amis, mes doutes, mes peurs, mes envies, mes comportements. C'est la personne a qui j'ai tout donné, même si il n'y croyait pas. C'est la personne que je connais le mieux au monde. Je connais ses angoisses, je sais quand il ne va pas bien, j'entends ses doutes et faiblesses, ses forces aussi, sa tendresse.
Je ne le trouverai plus dans mon lit, je ne trouverai plus cette position si agréable, où nos corps s'emboitaient ventre-dos que ce soit moi qui me tourne ou lui qui se tourne. Sa chaleur, et sa façon de s'endormir si vite. De le chercher quand il se réveille. De le chercher quand je dors.
Je ne trouverai plus ses lèvres à taton dans le noir pour le bisou de bonne nuit. Je ne recevrai plus de message de bonne nuit ou de bonjour. Et je n'en enverrai plus. Il n'y a plus de "chaton", de "mon coeur", de "mon amour".
Il n'y a plus d'amour.
J'ai un creux au milieu du bide.
Je perds la personne avec qui je pouvais parler de tout, la première personne a qui je voulais raconter ce qui se passait dans ma vie. Même les petits riens. C'est la personne a qui je pensais tous les jours, pour n'importe quoi. Je perds la personne qui me regardait avec des yeux doux et amoureux. La personne qui savait me faire plaisir, des petits plaisirs. C'est la personne a qui j'avais envie de faire plaisir. Pour laquelle je ne m'habillais plus en jogging ni en sweat à capuche sauf cas extrême.
C'est la personne que je trouvais belle avec sa barbe et ses cheveux longs. Je le trouvais tellement beau comme ça.
Je ne prendrai plus de douche avec lui, et il ne me lavera plus le dos. Il ne me demandera plus "gratte!gratte" avec un air enfantin pour que je lui gratte le dos.
Il ne viendra plus a mes concerts, m'écouter chanter et me dire ce qu'il en pense, ni me dire que je suis la plus belle. Je ne lui donnerai plus mon avis sur ses compositions, sur les courts métrages, en étant critique et en aimant sa musique. Je ne serai plus là pour aimer ce qu'il ne voit pas chez lui.
Il ne sera plus là pour m'encourager. Il ne sera plus là pour me faire rire. Je ne discuterai plus de politique avec lui.
Il n'y aura plus de débrief d'après soirée, ou l'on s'accorde et ou nos esprits se rejoignent dans cette connexion incroyable. Il n'y aura jamais de soirée jeux place Aligre avec A. et M.
Il n'y aura plus ce corps que j'aime, que je sais aimer, que je sais où toucher. Il n'y aura plus ses mains pour me caresser les cheveux, le dos. Il n'y aura plus de "grougrou" ni de "schlouboudou". Il n'y aura plus de chat.
Nous n'iront pas ensemble à New York ni à Montréal. Je n'aurai jamais eu mon cadeau d'anniversaire. Il n'aura jamais composé pour ma voix.
Nous d'exaucerons jamais la liste des choses à faire ensemble qu'il m'a lue il y 'a trois semaines.
Je perds mon ami et mon amour. Et merde, ça fait mal.
Qu'est ce que c'est 3 semaine de galère dans 5 ans de relation?
Et deux heures pour détruire.
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