mercredi 13 avril 2016

Et pouf

Coucou Qaniq.

J'aime bien avoir de tes nouvelles de petites choses quotidiennes, du détail, de l'heure par heure.

A moi de t'en donner. Précautions, on rentre dans les profondeurs de ce qui faisait le cahier: l'amour.

Aujourd'hui, avec l'Ours ça c'est fini. J'ai bien donné un nom à Médoc et à Brownie, alors pourquoi pas.

Il est 2h30 du matin, et ça fait trois heures que j'essaie de dormir. Je n'y arrive pas. Je ressasse tous les éléments dans ma tête, et je fantasme bien sur. Je ne comprends pas tout.

Il y a quelques semaines, on a failli se séparer. On s'était assis dans un café, et je sentais qu'il se passait un truc. L'Ours m'a dit "je ne veux plus qu'on continue". Ce jour-là, mon monde s'est un peu effondré.
Il m'a dit beaucoup de choses. Qu'il trouvait qu'on ne se voyait pas assez, qu'il était malheureux, que je m'éloignais, qu'on ne se tenait plus la main dans la rue, qu'on ne faisait plus l'amour. Que je le protégeais trop, qu'il se sentait faible. Et d'autres choses.

C'était horrible, d'autres gens devaient venir nous retrouver juste après. On ne pouvait pas aller au bout de la discussion. Et puis je pleurais. Je ne comprenais pas comment il pouvait décider de la mort de notre couple comme ça. Moi aussi j'avais été malheureuse, moi aussi j'ai voulu partir, mais je suis restée et j'ai persévéré avec lui. On a trouvé d'autres moyens, on a peaufiné. Et on a continué.
Je suis partie en larmes de ce bar, la conversation en suspend, c'était la première fois depuis longtemps que je pleurais dans la rue, en sanglots. Je suis rentrée et j'ai essayé de faire bonne mesure, car je ne voulais pas le montrer à ma mère.
Bon elle a fini par me dire "bon, tu t'es disputée avec l'Ours?" et dans ce genre de moment tu te demandes de quoi est fait le radar des mamans. Je n'ai pas dit grand chose à ce moment là.
E. et R. ont pris soin de moi ce soir là, j'ai bu, j'ai pleuré, et j'ai essayé de ne pas me focaliser. E. m'a fait dormir chez elle, je lui en suis tellement reconnaissante.
J'ai reçu un message dans la nuit: L'Ours me dit qu'il s'est expliqué maladroitement et qu'il veut qu'on se revoit pour parler.
On se revoit le lendemain matin vers Nation. Il m'explique qu'il a réfléchi et qu'il ne veut plus qu'on continue ensemble de cette façon là. Il me demande qu'on se donne une chance. Je dis d'accord, qu'on se voit plus souvent, qu'on s'organise pour se voir autrement. Faire des projets ensemble. S'écouter. Se dire les choses. J'attends de lui qu'il me dise les choses, et plus que je les devine. Plus que je doive lui extorquer ses confessions. Il veut qu'on se surprenne.
 Tout le week end nous discutons de beaucoup de choses, je lui explique aussi mes contrariétés.
Cette bouillotte sèche que je lui ai confectionnée pour son anniversaire l'année dernière, qu'il n'a jamais utilisée et qu'il ne retrouve plus.On comprend ensemble aussi que si je m'éloigne, il m'a éloignée aussi. Pas de temps à m'accorder, annulation dernière minute, arriver à 21h plutot qu'à 19h prévue chez moi, ne pas s'engager dans des projets communs. J'ai cette impression aujourd'hui d'avoir essayé plein de trucs.
Je veux que les choses marchent. Je suis prête à essayer des trucs encore.

Les trois dernières semaines ont été en dents de scie. Notre première soirée prévue après les évènements du week end, ou j'avais mis plein d'attentes s'est révélée décevante. Au lieu d'aller au ciné ensemble, je suis conviée à l'accompagner à un concert des classes composition de musique à l'image du Conservatoire National. Après le concert, il me dit "j'aimerais bien rester un peu". Je comprends: faire du réseau.
Je suis crevée, bossé toute la journée, j'ai mon accordéon sur le dos et je chante le lendemain matin en concert. Pour moi c'est non. Je comprends son besoin de faire du contact dans le milieu, mais ce n'est pas de ça dont j'avais envie pour notre première soirée de réconciliation.
On se rattrape.

Puis le mardi vient. Je lui dit que j'aimerais bien venir prendre un bain, avant mon gros concert du Mercredi, car je n'ai pas de baignoire.
Nous discutons de nos histoires. Et je finis par lui dire que fondamentalement, tout le malaise qui existe, cette tension dans notre couple, et sa tristesse, sont en grande partie liée au fait qu'il est en chagrin d'amour. Pour quelqu'un d'autre.
L'Ours est tombé amoureux de quelqu'un d'autre. D'une autre fille.
Je comprends la difficulté, je suis quelqu'un de rationnel et d'empathique. Je comprends qu'il ait pu tomber amoureux de quelqu'un d'autre. Vraiment. Au delà de la facilité de trouver ailleurs du bonheur, de la découverte, du plaisir, du désir nouveau, de l'alchimie. Tout ce qu'on trouve au début, à la rencontre de quelqu'un, et qui se tarit avec le temps. Tout ce qu'il n'y a plus entre nous. Je ne serai plus jamais aussi belle et aussi désirable que les premiers mois. Notre couple n'est plus un nouveau continent immense à découvrir, mais un petit jardin à entretenir, ou il faut tous les jours enlever des mauvaises herbes et s'émerveiller de choses simples, et parfois surprenante, mais dans le périmètre du jardin.
Alors je comprends. Mais je n'en veux pas. Je ne veux pas du spectre d'une autre fille. Je ne veux pas porter le chagrin d'amour de l'Ours pour une autre.
Meme ça, ça semblait etre ma faute. Qu'il soit tombé amoureux d'une autre fille. Qu'elle soit tombée amoureuse de lui.
Pour moi c'était tellement évident. Quand j'ai rencontré d'autres gens, Medoc et Brownie, ça m'a confortée dans l'idée que c'était exaltant de se sentir désirée et de découvrir l'autre, de se sentir renaitre. Mais aussi que ça n'avait rien à voir avec le fait de construire quelque chose avec quelqu'un depuis longtemps. De le connaitre dans son meilleur comme dans son pire, de l'aimer pour ses défauts. De l'accepter tout entier et de l'aimer et de l'aimer pour demain comme pour hier. De vouloir tout partager avec. D'accepter qu'il a une part de nous en lui, comme une flamme précieuse dont il prend soin.
Moi j'aimais l'Ours. C'est la première personne que j'ai aimée et que j'ai voulu de cette façon. Je lui avais confié ma petite flamme désordonnée.
Aujourd'hui je me sens tellement trahie. Je pensais que 5ans de vie ca voulait dire quelque chose.
Ce soir là, je lui ai dit que ça me faisait mal, de me dire que peut-etre, tous les jours il se réveillerait en pensant à elle. Mais que je l'acceptais. Tant qu'il faisait des efforts pour faire son deuil et que il donnait une chance à notre amour.

Ce soir là j'ai beaucoup pleuré. Je me sentais moche. Un sujet qui revenait souvent ces dernières années, c'est mon manque de libido. Mon manque de libido qui provoquait une déchirure. L'Ours m'a dit à plusieurs reprises durant nos 5 ans, qu'il n'osait plus me toucher, qu'il se réfrenait et qu'il en venait à ne plus me désirer. Ne plus avoir de désir pour moi.
C'est horrible non?
Donc ce soir là, je me suis sentie comme toutes les filles. Ou plutot comme ce qu'on essaye de faire culpabiliser aux filles dans les journaux: Comment récupérer son mec? Faites vous plus désirable! Mettez de nouvelles fringues, faites attention à vous, mettez des sous vetements sexy et faites lui à manger en plus.
C'était moi le problème?
Il m'a consolée un peu. Au bout d'un moment immense, il a fini par me dire qu'il ne savait pas quoi me dire. Puis enfin il m'a dit "je t'aime". Comme pour que je lui foute la paix. Puis s'est endormi. Et moi je me suis retrouvée comme il y a si longtemps, au début de notre relation, à pleurer dans mon coin de lit, quand j'étais contrariée, quand je m'étais forcée à faire l'amour pour faire bien.

Le lendemain je chantais en concert. Le matin, on a reparlé de tout ça. Je lui ai dit et répété que je ne voulais pas porter le deuil de son histoire à lui. Que je ne voulais pas qu'on se fasse du mal, qu'on se venge l'un sur l'autre pour des bêtises. Je lui ai dit qu'il était fort possible que les prochaines semaines soient difficiles, tendues, mais qu'on allait trouver un moyen. Que j'avais envie de croire en nous. Il avait l'air d'accord.

Entre temps nous nous sommes revus le jeudi matin, pour une réunion. Nous avons échangé un beau baiser.
On s'est revus le vendredi soir, il était censé venir me chercher après une répétition, j'étais contente qu'il vienne me chercher. Il n'était pas encore parti de chez lui quand je suis sortie. J'étais déçue, mais j'ai décidé de passer outre pour ne pas m'encombrer d'attentes déçues aussi minimes.

Il y a de l'orage dehors, et ça me réconforte. Il est maintenant 3h.

Nous avons dormi ensemble vendredi, j'ai mal dormi, mais j'étais heureuse de le trouver dans mon lit, d'être avec lui simplement, sans prise de tête. On mange même ensemble le samedi midi.

Lundi j'ai un concours de chant à Genève. Je pars seule, j'ai des encouragements de toute part. Je suis contente. Puis, dans la soirée, j'apprends que ma soeur s'est engueulée avec ma mère et qu'elle est partie de la maison. J'essaye de faire ce que je peux depuis mon éloignement. C'est l'ascenseur émotionnel. Je fais de l'asthme et mes douleurs d'oesophage reviennent et me compriment la poitrine.

Je rentre épuisée, triste, mais je fais quand meme l'oreille attentive et médiatrice pour ma mère qui est encore en émotion.
Je dis à l'Ours que j'aimerais bien le voir le lendemain pour changer d'air avec une personne tendre. Ce n'est pas exactement ce qui s'est passé.

Ce matin, je reçois un message, L'Ours s'est désisté d'un jeu qu'on devait faire ensemble dans un mois. J'y vois un mauvais présage, mais, je ne veux pas me prendre la tête avec ça, si il ne veut plus continuer dans ce milieu, je peux comprendre, si ça lui permet de se recentrer, je suis d'accord. Je ne veux plus me prendre la tête, je veux me concentrer sur comment faire marcher notre couple positivement. Si pour ça il faut laisser des choses en arrière, d'accord, je suis prête à ce sacrifice.

Mais j'ai compris que ce n'était qu'une façade.

Je me suis arrêtée là, vers 3h du matin. La pluie tombait et j'avais envie d'air. J'ai ouvert la fenêtre, et alors que je n'avais plus pleuré depuis quelques heures, les sanglots ont repris. Ma mère est venue me chercher, et m'a fait m'allonger avec elle sur le canapé pour que je dorme. Je pense que j'ai dormi entre 4h et 9h.
Ce matin je n'ai pas pu manger beaucoup, quelques céréales. J'ai la gorge serrée. Je n'ai pas mangé hier soir.
Je me dis des fois que mon humeur et mon estomac sont vraiment trop liés. Le matin j'ai besoin de manger pour être de bonne humeur, j'ai mal à l'estomac et à l'oesophage quand mon corps veut me faire comprendre que j'ai du stress.
Je suis tellement triste.



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